Texte

Chemin de Croix avec Marie

Corédemptrice, Médoatrice et Avocate

les évangiles nous disent de Marie « qu’elle retenait toutes ces choses les méditant dans son cœur ». En effet, Marie, la « comblée-de-grâce », celle qui est dotée d’une connaissance des choses divines sans commune mesure, celle qui a vécu dans l’intimité immédiate du Verbe de Dieu pendant les trente années de la vie cachée à Nazareth, a contemplé avec attention les événements qui se sont déroulés sous ses yeux pour en tirer un enseignement salutaire, le mettre en pratique et ainsi progresser dans l’amour de Dieu. Se mettre à l’école de Marie, c’est recevoir d’elle, par imitation, les moyens infaillibles de progresser en sainteté !
Marie, la nouvelle Eve, a été auprès de Jésus, le nouvel Adam, lors de tous les moments clés de sa vie : à l’Incarnation, à la Nativité, lors du premier miracle aux noces de Cana. Comment pouvait-elle ne pas être là lors de la Passion de Jésus, le point culminant de sa mission de Rédempteur, le moment où se joue notre Salut à tous. Elle est là, debout près de la Croix dans toute sa douleur de Mère mais aussi forte de sa foi, de son espérance, de son amour pour Jésus et pour nous. Parce que Marie a « conservé toutes ces choses, les méditant dans son Cœur », elle a non seulement trouvé la force de suivre Jésus jusqu’au bout du sacrifice, mais elle est aussi devenue celle qui est la plus à même de nous introduire dans les sentiments qui furent ceux de Jésus pendant sa Passion. Personne n’a été plus impliqué dans le mystère de notre Rédemption que Marie, et son union à Jésus a été d’une intimité telle, qu’elle a éprouvé dans son Cœur Immaculé tout ce qu’Il a ressenti dans son Sacré-Cœur. Rien de l’attitude de Jésus, de ses paroles, de ses sentiments, ne lui a échappé. Marie a fait bien plus que comprendre Jésus ; elle s’est donnée elle-même au Père, par Jésus et en union avec Lui, le Sauveur du monde !
Le désir le plus ardent de Marie est que nous l’imitions en conservant dans notre cœur la Parole de Dieu pour la méditer sans relâche (le rosaire n’a en soi pas d’autre but que celui-là !). Parce qu’elle a tout retenu de la Passion de Jésus et qu’elle partage sa soif du salut de nos âmes, elle souhaite nous introduire dans la contemplation du mystère de notre Rédemption. En effet, elle nous amène peu à peu à pénétrer la pensée de Jésus, à nous laisser saisir par son amour incommensurable pour les hommes, pour enfin nous donner à Lui, par elle et contribuer (un peu !) à sa Passion. Que cela ne nous effraie pas : le but de Marie n’est pas d’allumer en nous le désir de souffrir mais celui d’aimer (même si les deux sont souvent liés !). 
Que Marie, Notre-Dame des douleurs, nous donne de progresser dans l’amour de Jésus et de tous ceux pour qui Il a voulu mourir sur la Croix !

« À Cana, quand Marie m’a présenté le problème du vin, je lui ai répondu : « femme que me veux-tu ? »… Cela ne signifiait pas que je la repousse, comme le ferait un fils ingrat, mais que je l’appelle à prendre la place que le Père a prévu pour elle dans l’œuvre du Salut… En effet, elle est ma Mère par pure grâce… C’est en elle que j’ai pris chair et par elle que j’ai partagé votre condition en tout excepté le péché… Pour cela, elle a été « comblée-de-grâce »… Toutes ses perfections sont déjà des fruits anticipés de ma Passion… Mais elle était appelée à devenir davantage que ma Mère… Moi je devais réaliser votre Salut et elle devait y collaborer, comme aujourd’hui, je vous appelle tous à le faire… Elle avait collaboré à mon Incarnation par son « oui » à l’Annonciation… À présent, elle devait collaborer à la Rédemption par son « oui » à ma Passion… Elle devait devenir la première des croyantes, la figure de l’Église sans tache ni ride pour laquelle je m’apprêtais à donner ma vie… la nouvelle Eve qui, d’un seul cœur avec moi, accomplit l’œuvre de rédemption pour laquelle le Père m’a envoyé en ce monde… En lui disant « femme que me veux-tu », je l’appelais à devenir la Corédemptrice, votre Avocate toute-puissante, la Médiatrice de toutes mes grâces…


Sous la Croix, alors que je lui remets toute l’humanité, je ne m’adresse donc pas avant tout à ma Mère mais à la nouvelle Eve, celle que j’ai appelée, et à qui j’ai donné de participer, par l’offrande d’elle-même en union avec moi, au salut de toutes les âmes… Comme en son « oui » à l’Annonciation se fond votre « oui » à tous à ma venue en votre monde, en vos âmes… en son « oui » au pied de la Croix doit se fondre votre « oui » à la rédemption… Oui, mes enfants, je vous ai créés sans vous dans un acte d’amour ineffable ; je vous ai sauvés par un acte d’amour encore bien plus ineffable mais sans jamais entamer votre libre-arbitre… Pour être sauvés par ma Passion, il vous faut vouloir l’être et accomplir les œuvres de la foi qui en témoignent et que je vous ai commandées… Marie a été la première à le faire et son exemple vous montre qu’il vous faut collaborer à votre Salut ainsi qu’à celui de toutes les âmes…Par ses œuvres, chacun de vous doit ajouter à mon offrande de moi-même, le peu que j’ai laissé à votre liberté mais dont j’ai fait un élément déterminant pour votre salut… personne n’entrera dans mon Royaume malgré lui et contre sa volonté…


À l’Annonciation, Marie s’est déclaré l’humble servante du Seigneur et elle l’a été toute sa vie et plus encore dans ma Passion en acceptant que je me livre aux mains des pécheurs, pour vous, pour la gloire de mon Père et au mépris de sa douleur de mère… Son silence, à l’image du mien, manifeste sa soumission totale à la volonté du Père et son adhésion de cœur et d’âme à ma Passion… Elle s’est donnée tout entière avec moi, par moi et en moi, pour vous et la gloire du Père… Et son offrande d’elle-même en union avec moi a été si totale que c’est comme si elle et moi avions réalisé votre salut d’un seul et même cœur…


Mon enfant, en me donnant le jour, Marie n’a éprouvé aucune souffrance. Mais elle a traversé le plus douloureux des enfantements quand elle vous a enfanté vous sous la Croix à la vie divine… Après moi, personne n’a plus souffert dans l’amour que Marie car personne, après moi, n’a davantage aimé qu’elle, parce que personne, après moi, ne s’est davantage unie en pleine conscience, en pleine volonté, en pleine liberté à ma Passion…



Mon enfant, Marie a eu très mal et ce n’est rien de le dire… Tu as peut-être déjà entendu que plus une âme est sainte, plus elle est pure, plus elle est sensible à la souffrance… Après moi, personne n’a éprouvé une souffrance plus aigüe, parce que personne n’a été plus pur que Marie, parce que personne n’a été plus saint que Marie, parce que personne n’a davantage voulu partager ma souffrance que Marie, ma Mère, votre Maman et votre Corédemptrice… Ses larmes sont précieuses à me yeux car elles ont été versées pour mon amour et le vôtre… Ne les méprise pas... »